Téléphone en plein hiver :
« Monsieur, il y a de l’eau qui coule du récupérateur, j’ai une tache au plafond ! »
Première pensée de l’Investisseur ?
Panne de la centrale. Joint défectueux. Appareil bon pour la casse.
En tant qu’ingénieurs, nous savons pourtant que dans 90 % des cas, l’appareil est parfaitement fonctionnel et que l’origine du problème se situe du côté de l’installation. Une autre cause fréquente : le bâtiment n’est pas encore « stabilisé ». Les constructions neuves doivent sécher. Les murs contiennent souvent une grande quantité d’humidité qui se condense ensuite dans le récupérateur.
La présence d’eau dans un récupérateur n’est pas une erreur – c’est la preuve que la récupération de chaleur fonctionne.
Le véritable problème commence lorsque l’on ne maîtrise pas l’évacuation de ces condensats.
Dans cet article :
- un diagnostic rapide des fuites pour l’Installateur,
- et une solution technique destinée aux Concepteurs, permettant d’éliminer quasiment totalement le problème des condensats.
Points clés
- L’échangeur refroidit l’air humide en dessous du point de rosée. En hiver, plusieurs litres d’eau par jour dans le bac à condensats sont normaux.
- Une simple discontinuité dans l’isolation des conduits « froids » (prise d’air / rejet) entraîne de la condensation en dehors de l’appareil.
- L’absence de pente gravitaire dans les conduits garantit un refoulement d’eau.
- L’utilisation d’un échangeur enthalpique (récupération d’humidité) réduit drastiquement la quantité de condensats, supprime la nécessité d’un système d’évacuation des condensats et améliore le confort en hiver. L’air insufflé est pré-humidifié.
D’où vient l’eau dans un appareil « sec » ?
Avant de démonter le carter, comprenons le mécanisme : le phénomène du point de rosée (Dew Point).
Lorsque l’air chaud et humide provenant de la salle de bain rencontre les lamelles de l’échangeur refroidies par l’air extérieur, il cède brutalement son énergie. La vapeur d’eau se transforme en liquide.
C’est exactement le même phénomène que celui observé sur un miroir embué après une douche.
La différence ? Dans un récupérateur, ce processus fonctionne 24h/24 et peut générer, dans des conditions extrêmes, plusieurs seaux d’eau par jour.
Pourquoi le récupérateur fuit-il ?

Si l’eau déborde du bac à condensats, vérifiez ces 3 points critiques :
Les pentes gravitaires sont-elles respectées ?
L’eau ne remonte pas.
La centrale doit être parfaitement mise à niveau avec une légère inclinaison vers l’évacuation. La canalisation d’évacuation des condensats doit présenter une pente constante.
Erreur fréquente : l’utilisation de tuyaux souples qui se déforment avec le temps, créant des « ventres » (siphons naturels) où l’eau stagne.
L’évacuation est-elle gelée ?
Si la conduite de condensats traverse des combles non isolés ou sort en façade, un bouchon de glace est inévitable par temps de gel.
Solution :
- utiliser des câbles chauffants sur les sections extérieures,
- ou acheminer l’évacuation à l’intérieur du volume chauffé (vers le réseau d’eaux usées).
Vérification du siphon
La dépression générée par le ventilateur peut retenir l’eau dans le bac si le siphon est vide ou mal dimensionné. L’eau s’accumule jusqu’à déborder.
Assurez-vous que le siphon est amorcé (s’il est hydraulique) et dégagé.
« Les gaines transpirent » – le tueur silencieux des plafonds
Signalement fréquent :
« Le récupérateur fuit aux raccords ! »
Sur chantier : centrale sèche à l’intérieur.
Origine réelle ? Condensation secondaire.
Les conduits de prise d’air et de rejet transportent de l’air très froid. S’ils traversent un local chaud (chaufferie, buanderie) sans isolation parfaite, l’humidité ambiante se condense sur leur surface.

Consignes pour l’Installateur :
- Utiliser une isolation en caoutchouc ou en laine d’épaisseur adaptée.
- Coller soigneusement les jonctions avec une bande d’étanchéité mousse – chaque interstice est un pont thermique et une source potentielle de condensation.
- Si la gaine est humide à l’extérieur, la cause est l’isolation, pas le récupérateur.
Comment se passer d’une évacuation des condensats ?
Nous traitons souvent les effets, alors que nous pouvons éliminer la cause.
La solution que nous recommandons chez Reventon Group pour les bâtiments modernes :
échangeur enthalpique + batterie de préchauffage gainable.

Un récupérateur traditionnel récupère uniquement la chaleur (échangeur en cellulose).
Un échangeur enthalpique (polyéthylène-grafène) permet également de récupérer l’humidité.
Pourquoi est-ce rentable ?
Dans un échangeur enthalpique, l’eau ne gèle pas comme dans un échangeur classique où elle se dépose sur les parois.
Bien entendu, si la température de l’air insufflé descend sous 0 °C, même un échangeur enthalpique peut geler. C’est pourquoi nous recommandons systématiquement l’installation d’une batterie de préchauffage pour récupérateur.
Le processus de givrage reste néanmoins plus lent que dans un échangeur sans récupération d’humidité.
Conclusion
La présence d’eau dans un récupérateur est le plus souvent la preuve que la récupération de chaleur fonctionne correctement, et non le signe d’une défaillance.
La condensation est un phénomène physique naturel lié au refroidissement de l’air humide extrait.
La clé pour éviter les taches au plafond n’est pas le remplacement de la centrale, mais une installation correcte :
- isolation parfaite des conduits,
- siphon fonctionnel,
- pentes gravitaires appropriées.
Pour ceux qui recherchent une solution à faible maintenance et un confort maximal, l’échangeur enthalpique constitue le meilleur choix. Grâce à la récupération d’humidité, cette technologie élimine presque totalement l’excès de condensats et évite l’assèchement de l’air intérieur en hiver.
L’eau en ventilation double flux n’est pas un motif de panique, mais un paramètre technique à maîtriser.
FAQ – Questions techniques
1. Puis-je évacuer les condensats vers une gouttière ?
Déconseillé. En hiver, l’eau dans la gouttière gèle et bloque l’écoulement.
Si une évacuation extérieure est indispensable :
- utiliser un diamètre important,
- limiter la longueur,
- installer impérativement un câble chauffant avec thermostat.
2. Pourquoi le récupérateur projette-t-il de l’eau uniquement en vitesse maximale ?
Il s’agit d’un entraînement de gouttelettes depuis le bac à condensats par la vitesse de l’air.
Cela survient souvent lorsque :
- la centrale est mal mise à niveau (niveau d’eau trop proche du ventilateur),
- le siphon est obstrué et le niveau d’eau trop élevé.
3. Peut-on laver un échangeur enthalpique à l’eau ?
Oui. Les échangeurs enthalpiques modernes des récupérateurs Reventon peuvent être lavés, conformément à la notice technique (généralement à l’eau tiède, sans produits chimiques agressifs et à basse pression).











