« Monsieur, l’aérotherme est neuf… et il souffle de l’air froid ! »
Chaque hiver, ce scénario se répète. Le régulateur est en mode chauffage, le ventilateur fonctionne à pleine vitesse, mais les opérateurs travaillent en veste dans le hall. Avant de déclarer une panne, il convient d’analyser l’installation.
Dans 90 % des cas, l’appareil est opérationnel. Le problème relève de la physique et de l’hydraulique.
Points clés
- L’air est un isolant : une faible quantité d’air dans l’échangeur peut réduire la puissance thermique à zéro.
- Effet “Cold Start” : une mauvaise implantation de la vanne 3 voies provoque des soufflages cycliques d’air froid.
- Piège de la pompe à chaleur : ancienne installation + générateur basse température = chute drastique de puissance si l’échangeur n’est pas redimensionné (2 ou 3 rangées).
L’installation a-t-elle été correctement purgée ?
C’est l’erreur la plus courante.
Les aérothermes à eau (ex. série HC) sont installés en hauteur, souvent au point le plus élevé du réseau. Selon les lois physiques, l’air monte.
Si seule la chaufferie a été purgée, mais pas l’appareil situé à 4–5 mètres de hauteur, une poche d’air se forme dans l’échangeur. L’eau ne circule plus correctement.
Symptôme
- Partie supérieure froide
- Partie inférieure tiède
- Absence de chauffage effectif
Solution
Purger l’appareil via le purgeur situé au point haut du collecteur (raccord supérieur).
Sans purge locale, il n’y a pas de transfert thermique efficace.
Où est installée la vanne 3 voies ? (Effet « Cold Start »)
Le phénomène de « démarrage froid » apparaît lorsque le débit d’eau chaude est interrompu par la vanne. L’eau chaude reste stagnante dans la conduite d’alimentation et se refroidit.
À la réouverture, c’est cette eau refroidie qui entre en premier dans l’échangeur, générant un soufflage temporairement froid.
Ce phénomène se produit notamment avec des vannes 2 voies montées sur l’alimentation sans boucle de maintien en température.
Solution recommandée
- Utiliser une vanne 3 voies en configuration mélangeuse.
- Prévoir un by-pass assurant une circulation permanente d’eau chaude à proximité immédiate de l’appareil.
L’eau chaude doit être disponible au plus près de l’aérotherme.
Alimentation et retour ont-ils été inversés ?

Les aérothermes à eau sont conçus en contre-courant.
Cela signifie que :
- L’eau la plus chaude doit rencontrer l’air sortant.
- L’eau refroidie doit rencontrer l’air entrant.
Erreur
Inversion alimentation / retour.
Conséquence
Réduction du ΔT logarithmique (LMTD) et perte de puissance pouvant atteindre plusieurs, voire plus de 10 % dans les cas extrêmes.
Vérification
Contrôler les repères couleur :
- Rouge = alimentation
- Bleu = retour
La pompe assure-t-elle le débit nominal ?
Scénario fréquent dans les grands halls :
- Dimensionnement hydraulique minimaliste
- Utilisation de raccords PEX à fort rétrécissement
- Pertes de charge élevées
Résultat : la pompe ne peut pas assurer le débit nominal (ex. 4 000 l/h pour un grand modèle).
Diagnostic par mesure ΔT
Mesurer la température entrée/sortie avec ventilateur en marche.
Exemple :
- Entrée 70 °C
- Sortie 30 °C
- ΔT = 40 K
Cela indique un débit insuffisant : l’eau stagne et cède toute son énergie en début d’échangeur.
Un ΔT correct se situe généralement entre 10 et 20 K.
Remplacement d’une chaudière par une pompe à chaleur sans redimensionnement

Point critique lors des modernisations.
Ancienne chaudière gaz/fioul : 80/60 °C
Pompe à chaleur : 45/35 °C maximum
La puissance thermique dépend directement de la température du fluide.
Un appareil délivrant 50 kW en régime haute température peut chuter à 15 kW en basse température.
Ce n’est pas un défaut, c’est une conséquence directe des lois thermodynamiques.
Symptôme
Air soufflé à 25–28 °C.
Avec la vitesse d’air, cette température est perçue comme froide.
Solution
- Remplacer par des échangeurs 2 ou 3 rangées.
- Recalculer la puissance selon le nouveau régime basse température.
Conclusion
Un aérotherme à eau est un appareil simple :
avec un débit suffisant d’eau chaude à la bonne température, il chauffe.
Avant de contacter le SAV, vérifiez :
- Purge effectuée au point haut (directement sur l’appareil) ?
- Vanne 3 voies correctement implantée ?
- Raccordement en contre-courant respecté ?
- Débit suffisant (ΔT contrôlé) ?
- Appareil redimensionné pour une pompe à chaleur basse température ?
Un diagnostic rigoureux permet d’éviter des déplacements inutiles et garantit la satisfaction de l’utilisateur final.
FAQ – Questions techniques
Q : Comment vérifier une présence d’air sans accéder à l’appareil ?
Toucher les tuyaux au collecteur.
Si l’alimentation est chaude et le retour anormalement froid (beaucoup plus que sur les autres circuits), avec vanne ouverte, il est probable qu’une poche d’air bloque la circulation au point haut.
Q : Peut-on utiliser du glycol pour éviter le gel ?
Oui, mais sous conditions.
Les échangeurs ne sont pas conçus pour fonctionner avec du glycol pur.
La concentration maximale recommandée est 50 % glycol / 50 % eau.Attention : le glycol possède une capacité de transfert thermique inférieure à celle de l’eau.
La puissance de l’appareil peut diminuer d’environ 15 % avec un mélange eau-glycol.











